Katalina-Jehanne adore Molière

Katalina-Jehanne Villeroy de Galhau « adore Molière » et s’apprête à s’envoler pour Shanghai avec sa maman Maïten. Photo Fred MERCENIER
ELLE A UNE BOUILLE DE CANAILLE avec des yeux verts qui pétillent et un grand sourire. Katalina Villeroy de Galhau est heureuse. Et il y a de quoi.
Elle s’envole ce lundi en Chine. Car les 13, 14 et 15 mai, la Nancéienne de 10 ans, en CM2 à l’école privée Notre-Dame, sera sur les planches d’un théâtre de Shanghai pour jouer Louison dans le Malade Imaginaire de Molière. Une pièce mise en scène en janvier 2015 par Michel Didym, directeur du Centre Dramatique de la Manufacture de Nancy (CDN), qui tenait à ce qu’une « vraie » petite fille tienne ce rôle habituellement interprété par un adulte.
Cherche fillette à l’aise en public…
« J’ai beaucoup de chance d’avoir été choisie, s’exclame Katalina. « Je vais découvrir un autre pays, d’autres spécialités culinaires… Et je vais louper la classe. » Elle pouffe de rire : « Mes copains d’école m’ont dit des choses bêtes. Que j’allais manger du chat et de la cervelle de singe ! »
La belle histoire de Katalina commence en octobre 2014 quand elle lit sur une affichette collée dans son école que la Manufacture cherche « une élève de 8 à 9 ans à l’aise en public et motivée pour une expérience théâtrale ».
« Je n’avais jamais fait de théâtre mais en CE2, j’avais vu Les Fourberies de Scapin et j’adore Molière », lance-t-elle avec sa voix forte et rauque. « Je me suis présentée à l’audition. » Comme plus de 40 petites candidates.
Cinq sont sélectionnées pour jouer en alternance : 4 de Nancy et une de Paris pour assurer les spectacles pendant les congés scolaires.
Son papa qui a joué dans une troupe de théâtre amateur quand il était jeune lui fait répéter le texte le week-end avant la première. Puis après ses cours de piano, de solfège, de chant choral au conservatoire, ses entraînements de gym et l’école, Katalina joue Louison.
« Je veux être comédienne »
Depuis sa création, le Malade imaginaire a connu un grand succès avec 133 représentations. Après plusieurs dates à Nancy, le spectacle part en tournée en France, en Allemagne, en Belgique et en octobre dernier, tape dans l’œil de producteurs chinois. Qui décident d’inviter la troupe du CDN au festival national Croisement organisé chaque année par l’ambassade de France dans toute la Chine de fin avril à fin juin.
Six représentations de ce classique très connu dans le pays vont y être données : trois à Pékin avec la Parisienne Garance. Et trois à Shanghai avec Katalina en robe à fleurs et dentelle qui donnera la réplique au comédien André Marcon alias Argan, son « papa de scène » hypocondriaque.
« Comme j’avais déjà joué 28 fois, avec Shanghai, ça fera 31 », calcule la petite chipie qui se réjouit de retrouver les planches et les comédiens comme le « très sympa » Bruno Ricci qui joue le notaire. « Maintenant, je n’ai plus le trac avant d’entrer sur scène. Et j’aime beaucoup être applaudie, ça fait très plaisir ! C’est sûr, plus tard, je veux être comédienne », affirme la jeune vedette qui « adorerait faire le conservatoire de Paris sinon le TNS », théâtre national de Strasbourg.
Ses deux grandes sœurs et ses deux petits frères sont venus la voir jouer « 2 ou 3 fois » au théâtre à Nancy. Quant à sa maman Maïten, elle est tenue d’accompagner sa fille à chaque lever de rideau. Elle part donc à Shanghai elle aussi pour la semaine. Fière des débuts inattendus de sa jolie comédienne.